Bulletin TP Express - Août 2014

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Les réseaux sociaux professionnels
L’art de maîtriser sa réputation sur le web

Bien plus que faciliter la recherche d’emplois ou retrouver des connaissances perdues de vues, les réseaux sociaux professionnels visent à favoriser les opportunités d’affaires par la création de réseaux de contacts. Pour Micheline Bourque, consultante en marketing sur l’intégration des médias sociaux en affaires, l’adhésion à ces réseaux, comme LinkedIn, est aujourd’hui devenue une réalité qui ne peut plus être ignorée.

Alexandre Lampron

Selon Mme Bourque, l’utilisation croissante des réseaux sociaux virtuels entre de plus en plus dans les mœurs des associations professionnelles. Il s’agit d’une bonne manière de proposer des contenus d’intérêt, d’accroître sa visibilité sur le web et, ainsi, de nourrir la relation et l’intérêt pour l’organisation.

LinkedIn et d'autres réseaux sociaux professionnels constituent une source non négligeable pour faciliter la recherche d’emploi, c’est bien connu. Certains réseaux axés sur les discussions créent une communauté avec laquelle il est possible d’interagir en diffusant des éléments de réflexion, en communiquant avec les clients actuels et potentiels, et en suscitant divers commentaires et avis.
 
Contrairement à la croyance populaire, l’adhésion aux réseaux sociaux professionnels ne constitue pas un piège, raconte Micheline Bourque, mais bien une tendance qui nécessite, au préalable, une préparation à occuper un espace public. Le principe des réseaux sociaux professionnels consiste essentiellement à démultiplier des contacts grâce aux contacts d’autres contacts. Il est crucial de maîtriser sa réputation sur le web et de construire une identité numérique.

«Nous sommes rendus à un point, comme organisation, où il est très important de penser à élargir son espace public parce que l’opportunité est là, explique Micheline Bourque. Cela nécessite toutefois un conditionnement. Il faut être capable de donner du contenu intelligent. Nous ne sommes plus à l’ère des brochures virtuelles. Nous sommes dans le mode de relation, de communication et d’échange. Il faut avoir une réflexion en amont et connaître les avantages et les inconvénients de l’outil avant de s’y aventurer.»

Le «darwinisme numérique»

Mme Bourque reprend allègrement l’expression de l’analyste numérique, Brian Solis, qui parle de «darwinisme numérique» pour expliquer que la technologie évolue rapidement et que les organisations n’arrivent simplement pas à suivre le courant. Pendant ce temps, les individus, eux, y adhèrent de plus en plus.

«Il y a un écart qui se crée et c’est l’éducation qui fera en sorte de créer une opportunité de rétrécir cet écart, ajoute-t-elle. C’est comme si les entreprises ne mesuraient pas toute l’ampleur et les opportunités qu’offrent les réseaux sociaux. Elles sont encore réfractaires et elles cumulent un décalage qui risque, éventuellement, de leur coûter très cher.»

Micheline Bourque croit également que ce serait «une belle occasion ratée» que de ne pas adhérer aux réseaux sociaux professionnels. D’ici trois à cinq ans, les organisations qui auront emboîté le pas auront une longueur d’avance sur les autres, car elles seront plus facilement repérables sur le web et augmenteront, du coup, leur notoriété et leur côte de popularité.

Un «incontournable»

C’est un point de vue partagé par Hughes Chandonnet, directeur de création, concepteur-rédacteur chez Hubrid. Pour la plupart des associations professionnelles, la création d'un profil corporatif ou d'un groupe de discussion sur LinkedIn est devenue un «incontournable». Toutefois, leur succès ou échec est très souvent le prolongement de la réalité de l'organisation sur le terrain. Des ambassadeurs bien en vue et un effort de mobilisation soutenu font toute la différence.

«LinkedIn est le véhicule optimal pour rejoindre les professionnels membres et stimuler les échanges entre eux, mentionne M. Chandonnet. Comparativement à Facebook, la portée organique des publications sur LinkedIn demeure intéressante, pour l'instant, et le ciblage publicitaire très précis permet de faire grandir la communauté ou de promouvoir des nouvelles d'importance. De son côté, Twitter permet plutôt de diffuser de l'information en continu et de tisser une toile avec les médias et les principales personnes influentes d'une industrie donnée.»

Hughes Chandonnet prévient cependant qu’«aucune plateforme n'est parfaite, mais une judicieuse combinaison de LinkedIn, Twitter et Facebook donne, en général, des résultats intéressants».

L'étude NETendances 2014 du CEFRIO, dévoilée en juin dernier, a démontré que 49 % des Québécois se connectent à Facebook chaque jour. Sur LinkedIn, 13 % des Québécois se connectent chaque semaine, alors que sur Twitter, la proportion chute à 8 %. Ce n’est que le début, prévient toutefois Hughes Chandonnet.

Oublier le noble idéal

Les médias sociaux professionnels sont maintenant devenus des plateformes publicitaires où les marques peuvent payer pour diffuser un message auprès d'une cible plus précise que jamais, fait-il observer. Cela a donc pour effet qu’on doit oublier le noble idéal d'une conversation entre les marques et les consommateurs.

Selon M. Chandonnet, une page qui compte 1 000 abonnés en rejoint aujourd’hui plus ou moins 60 avec chaque publication, si elle ne paie pas pour les faire circuler. «Nous sommes donc de retour à des échanges unidirectionnels et mercantiles, comme c'est le cas à la télévision, dans les journaux, à la radio et via les bannières sur les sites web, admet-il. Malgré tout, les médias sociaux continuent néanmoins à offrir aux organisations des possibilités extraordinaires, souvent à une fraction du coût des médias traditionnels.»

Il cite en exemple les groupes de discussion sur LinkedIn, qui ont très peu de succès dans leur mouture actuelle. Plus le groupe compte de membres, moins ils se sentent interpellés par les interventions des autres et l'engagement en souffre. Les groupes qui fonctionnent le mieux sont ceux qui comptent un maximum de 150 membres ou qui sont animés par un ou plusieurs gestionnaires connus de tous.

Micheline Bourque soutient de son côté que «nous sommes encore à la pointe de l'iceberg, car la technologie évolue extrêmement rapidement. Les vidéos, par exemple, risquent fort de prendre de l’ampleur. Il faut donc que les individus, les entreprises et les associations s’éduquent davantage par rapport à cette technologie».

L'OTPQ dans les réseaux sociaux

L'Ordre des technologues professionnels du Québec est présent sur les réseaux sociaux. Afin d'occuper cet espace public, l'Ordre a choisi de confier la gestion de ces communautés à madame Marie-Josée Huot, une professionnelle en communication spécialisée dans les domaines techniques de la construction, de l'environnement et de l'ingénierie. L'Ordre possède un groupe de discussion sur LinkedIn et est également présent sur Facebook et Twitter. Les informations diffusées sont sélectionnées en fonction des médias sociaux. On y diffuse des informations officielles de l'OTPQ ainsi que des informations à caractère technique ou commercial d'intérêt pour les technologues professionnels.

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